Interview : Louise LEBON, coiffeuse

Interview : Louise LEBON, coiffeuse

Découvrez le parcours de Louise, coiffeuse investie et déterminée. De ses premiers pas au CFAie de Val-de-Reuil, à la gestion d'un salon familial, son histoire est un voyage captivant à travers l'art de la coiffure, où passion et motivation se rencontrent. Plongez dans cet article pour explorer les coulisses de ce métier captivant !

Bonjour, parlez-moi de votre parcours académique ?

Bonjour, mon parcours académique a débuté en 2015, lorsque j'ai intégré le CFAie de Val-de-Reuil pour y suivre un CAP Coiffure. J'ai réalisé ce cursus en alternance dans un salon de coiffure à Gaillon nommé Natt & Steph. J'ai poursuivi avec une spécialisation en tant que Coloriste Permanentiste en 2018, toujours en alternance au CFAie et dans la même entreprise. Par la suite, j'ai entamé le Brevet Professionnel de Coiffure dans le même établissement et salon. Cependant, pour des raisons de rythme d'alternance, j'ai temporairement rejoint un autre CFA pour ce diplôme. Mais ne trouvant pas cette nouvelle école à mon goût, j'ai rapidement décidé de revenir au CFAie de Val-de-Reuil.

Après ma formation initiale, j'ai décidé de poursuivre mes études en obtenant un brevet de maîtrise dans une école située à Paris, affiliée à la Chambre des Métiers. Cette formation, que j'ai suivie pendant deux ans, était organisée de manière à ce que je travaille dans un salon de coiffure du mardi au samedi, et que j'aille à l'école à Paris chaque lundi. J'ai choisi de la financer moi-même car l'option du contrat de professionnalisation ne me convenait pas.

Ce rythme était certes exigeant, mais le fait d'avoir investi personnellement 10 000 euros dans ma formation m'a rendu d'autant plus déterminée à réussir. Il est à noter que nous étions initialement quatre à démarrer ce cours, mais j'ai fini l'année en étant la seule à persévérer, me rendant à Paris chaque lundi pour de longues journées de cours, s'étendant de 8 heures du matin à 20 heures.

Parlez-nous de la mention coloriste ?

La mention coloriste, souvent perçue à tort comme une simple option, est en réalité une formation distincte et complémentaire au CAP Coiffure. Il s'agit d'un diplôme supplémentaire, que peu choisissent de suivre car beaucoup le considèrent facultatif. Pourtant, c'est une année extrêmement enrichissante, spécialisée dans le domaine de la coloration. Cette formation se concentre essentiellement sur la pratique, à l'exception de quelques cours théoriques spécifiques à la technologie capillaire.

Cette spécialisation constitue un avantage significatif lors de la recherche d'emploi. Elle peut faire la différence lorsqu'un candidat se présente pour un poste, surtout si l'autre prétendant n'a pas cette mention. Avec ce diplôme, on acquiert la compétence de conseiller les clients sur les couleurs les mieux adaptées à leur type de peau, la couleur de leurs sourcils, ou même de leurs yeux.

En outre, nous avons suivi des cours en mention styliste visagiste, ce qui est particulièrement pertinent pour ceux qui sont passionnés par la coloration et souhaitent se perfectionner dans ce domaine.

Aujourd’hui, qu’est-ce que vous faites ?

Après l'obtention de mon brevet professionnel en 2020, j'ai travaillé pendant deux ans dans un salon de coiffure à Louviers, en parallèle à la préparation du brevet de maîtrise, où j'ai été contrainte en septembre 2022 pour des raisons de santé. 9 mois après, ma mère a ouvert son propre salon “Studio Coiffure” à Aubevoye. J'ai alors pris la décision de la rejoindre dans cette nouvelle aventure. Depuis le mois de juin, je travaille avec elle. C'est d'ailleurs ma mère qui m'a inspiré la passion pour la coiffure et m'a transmis le savoir-faire nécessaire pour ce métier.

L'objectif à long terme est que je reprenne le salon lorsque ma mère partira à la retraite. Bien que cela ne soit pas prévu pour tout de suite, elle envisage déjà mon avenir. Ainsi, les clients auront le temps de s'habituer à moi et n'auront pas à craindre un changement de gérance.

Quelques mots pour décrire le CFAie ?

Le CFAie de Val-de-Reuil est caractérisé par une équipe de formateurs très à l'écoute de leurs apprentis. C'est un centre de formation extrêmement compétent et complet, offrant une large gamme de spécialisations adaptées à chacun. Que ce soit en termes de niveaux ou d'intérêts, il y a des options pour tous, avec un accompagnement de qualité.

Personnellement, pendant ma formation en CAP, j'ai dû interrompre la coiffure pendant six mois pour des raisons de santé. Bloquée chez moi, les enseignants se sont montrés particulièrement attentionnés, m'envoyant les cours par courrier. Chaque fin de semaine, une amie les récupérait et me les apportait. Cette attention m'a beaucoup touchée et a été cruciale pour me permettre de décrocher et d’obtenir mon diplôme sans trop de difficultés. Je me sentais pleinement soutenue.

Le CFAie se distingue par son accompagnement personnalisé, adapté à chaque situation. Que vous rencontriez des difficultés ou des défis spécifiques, le centre s'adapte pour répondre aux besoins de chaque apprenti, assurant un suivi de A à Z.

Aujourd'hui, en tant que coiffeuse, qu'est-ce qui vous plaît le plus ?

C'est de voir mes clients repartir avec un sourire. Il y a toujours ce sentiment de bien-être et de renouveau lorsqu'on sort du salon de coiffure, et c'est cet aspect que j'apprécie particulièrement. Contribuer à la satisfaction et à l'embellissement des clients, leur offrir exactement ce qu'ils souhaitent, est pour moi une grande source de satisfaction. Il y a toujours cette transformation visible avant et après la visite, et chaque fois, c'est gratifiant de constater ce changement.

De plus, la relation que l'on tisse avec les clients est spéciale. On aborde souvent des sujets inhabituels. Parfois, je me demande ce que je vais pouvoir dire à un client, mais au fil de la prestation, la conversation se lance naturellement. Les clients partagent des histoires sur leurs enfants, leurs petits-enfants, et cette relation évolue, parfois dès le premier rendez-vous, parfois progressivement. La qualité de la relation avec le client est fondamentale. Aimer les gens et partager ces moments est essentiel, et cela contribue grandement à fidéliser la clientèle.

Qu’est ce qui est le plus difficile dans le métier de coiffeuse ? 

L'un des aspects les plus exigeants du métier de coiffeuse est le contact constant avec la clientèle. Cela peut représenter un défi pour ceux qui sont naturellement introvertis ou timides. Dans le domaine de la coiffure, comme dans tous les métiers du commerce, il est essentiel de mettre rapidement de côté toute timidité pour être ouvert et accueillant envers les clients.

Un autre point difficile du métier concerne les horaires de travail. Travailler dans ce secteur signifie souvent avoir des horaires étendus et travailler les jours habituellement non ouvrables, comme le samedi, et même le dimanche durant les périodes de fêtes. Ces horaires peuvent être un obstacle majeur pour certains.

Un conseil à donner à des étudiants qui aimeraient faire ce métier ?

Le conseil le plus important est de rester motivé. En débutant, on ne commence pas immédiatement par coiffer les clients. C'est un parcours long et progressif, et il est crucial de ne pas se décourager. Les premiers mois sont souvent consacrés à l'entretien du salon, ce qui inclut le nettoyage après chaque client, l'accueil, la réponse au téléphone, etc. Ces tâches, bien qu'elles semblent basiques, sont essentielles pour comprendre le fonctionnement du salon et observer les techniques des professionnels.

Après cette phase initiale, on commence à apprendre des tâches plus techniques comme faire les shampoings, puis progressivement, on se met à manipuler réellement les cheveux. L'entraînement est la clé de la réussite dans ce métier. Il est important d'être pleinement investi, de ne pas hésiter à poser des questions, quelles qu'elles soient. Il n'y a pas de question inutile ou bête. Se montrer curieux et engagé dans l'apprentissage est essentiel pour réussir dans ce domaine.

Où vous voyez-vous à l’avenir ?

Je n'envisage pas du tout d'abandonner la coiffure, car c'est une activité que j'affectionne énormément. Le contact avec les clients et l'application des différentes techniques de coiffure sont des aspects que je chéris particulièrement. 

Pour éviter de tomber dans la routine, je pense qu'il sera important pour moi, à un certain moment, de m'orienter vers la formation d'apprentis. Transmettre les connaissances et les compétences que j'ai acquises est quelque chose qui me passionne. Jusqu'à présent, j'ai eu l'occasion de former trois apprentis, et cette expérience a été très enrichissante pour moi. C'est un aspect de mon métier que je souhaite continuer à explorer et à développer à l'avenir.


Merci Louise.

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