Pauline LEFEBVRE

11/09/2024

Interview : Cindy PRUVOT, une passionnĂ©e devenue experte dans l'art de rĂ©inventer son mĂ©tier 🙌


Cindy PRUVOT, ancienne apprentie du pÎle Cuisine Restauration, nous raconte son parcours atypique. De son coup de foudre pour le service en salle à l'ùge de 8 ans jusqu'à son poste actuel de monitrice d'atelier en ESAT, découvrez comment cette passionnée a su naviguer entre les étoiles Michelin et les défis humains, tout en gardant intact son amour du métier.

On dit que l'appétit vient en mangeant, mais pour toi, c'est plutÎt en regardant ?

Exactement ! C'est une histoire qui remonte Ă  mon enfance. J'avais entre 8 et 10 ans, nous Ă©tions en vacances en Bretagne avec ma famille et nous avions mangĂ© dans un beau restaurant. J'ai Ă©tĂ© fascinĂ©e par les serveurs qui paradaient avec leurs assiettes. đŸœïž J'ai trouvĂ© ça tellement beau que j'ai dit Ă  mes parents : "Je veux faire ça". Ils m'ont encouragĂ©e et depuis, je n'ai jamais changĂ© d'avis.

Parle-nous de ton apprentissage en restauration.

Au collÚge, j'étais plutÎt bonne élÚve, donc on m'a encouragé à suivre la voie générale, mais ma passion était plus forte. J'ai donc fait mon stage de 3Úme dans une pizzeria, et malgré quelques maladresses qui étaient trÚs drÎles, notamment faire tomber une calzone sur les genoux d'un client, ça n'a fait que renforcer mon envie d'exercer ce métier.

DĂšs mon arrivĂ©e au CFAie, je savais que je voulais suivre toutes les formations possibles. J'ai donc commencĂ© avec un BEP en apprentissage (anciennement CAP Commercialisation et Services en HĂŽtel CafĂ© Restaurant), puis j'ai enchaĂźnĂ© avec un BP Arts du Service et Commercialisation en Restauration. En arrivant en BP, j’étais confiante. On arrivait tous en terrain conquis et on pensait savoir tout faire, mais lors de la premiĂšre pratique, on nous a demandĂ© de rĂ©aliser une mise en place sauf qu’il y avait des piĂšges. On a tous ratĂ© le test et nos formateurs ont remis nos pieds dans nos bottes ! C’est Ă  ce moment-lĂ  que j’ai compris l’enjeu du BP.

Enfin, j’ai terminĂ© mon cursus avec une Mention ComplĂ©mentaire Sommellerie.

🙌 Le CFAie est un socle de bases fondamentales. J'en retiens de la rigueur, de l'exigence et du professionnalisme. Tout ce que j'y ai appris me sert encore aujourd'hui. C'est un excellent centre de formation oĂč tout est mis en Ɠuvre pour que les jeunes rĂ©ussissent.

AprÚs le CFAie, tu as décidé de viser les étoiles... Michelin ?

J’avais effectivement en tĂȘte d’aller travailler dans des Ă©tablissements Ă©toilĂ©s. Je suis allĂ©e Ă  Paris et j’ai trouvĂ© un poste de commis sommelier dans un Ă©toilĂ© Michelin. ⭐ Ensuite, j’ai Ă©tĂ© cheffe de rang dans un trois Ă©toiles.

Puis, tu as dĂ©cidĂ© de mettre de l'eau dans ton vin ? đŸ·

J’ai voulu me spĂ©cialiser dans le vin, en tant que cheffe de rang dans une petite chaĂźne de bar Ă  vin dĂ©diĂ© au bordelais. A priori, j’étais plutĂŽt performante, car on m’a proposĂ© le poste de caviste, un an aprĂšs. J’y suis restĂ©e pendant trois/quatre ans.

Suite à cette expérience, as-tu relevé de nouveaux défis ?

J’ai eu un changement de vie avec l’arrivĂ©e de mon premier enfant. J’ai ainsi dĂ©cidĂ© de prendre un nouveau virage, car les horaires en coupures ne sont pas en adĂ©quation avec une vie de famille. J’ai donc postulĂ© en restauration d’entreprise. Mon premier poste Ă©tait une crĂ©ation de concept dans la tour Montparnasse Ă  Paris. J’y ai ouvert un kiosque de restauration rapide qualitatif avec des produits frais. Au bout de 3 ans, on m’a proposĂ© le poste d’adjointe de Direction dans la restauration d’entreprise pure avec un self, un club de direction et un room service. Un concept Ă©norme pour General Electric. J’ai fait mes armes pendant quelques annĂ©es, mais j’ai voulu revenir Ă  l’essentiel du mĂ©tier : les gens. J’aime l’humain, mais mon poste Ă©tait centrĂ© sur les chiffres.

Et maintenant ?

Donc j’ai souhaitĂ© un retour Ă  l’essentiel pour moi : le contact humain. đŸ«¶ Depuis 2019, je suis monitrice d’atelier en ESAT, en restaurant, avec des personnes en situation de handicap mental. J’ai en charge une Ă©quipe de 8 Ă  10 bĂ©nĂ©ficiaires. Mon rĂŽle est d’encadrer, former, assurer un suivi, palier au bon fonctionnement du restaurant, avec un service tous les midis pour 130 couverts. Il faut savoir faire face aux difficultĂ©s des personnes que je suis, que ça soit personnel ou professionnel.

Quel nouveau sommet souhaiterais-tu gravir ? ⛰

Mon rĂȘve serait d'ouvrir un restaurant inclusif, sans le terme "inclusif". Une Ă©quipe en salle et en cuisine composĂ©e de personnes en situation de handicap ou non. Sinon, je me verrais bien aussi tenir un petit bistrot face aux montagnes, avec une vingtaine de couverts et une belle terrasse !

Pauline LEFEBVRE

11/09/2024